Les yeux jaunes des crocodiles – Katherine Pancol

En réalité, cet ouvrage est le premier d’une trilogie dont les titres m’ont fait de l’œil dans leurs rayons, et ce depuis un long moment. Il faut savoir que « Les yeux jaunes des crocodiles » est suivi par « La valse lente des tortues » puis par « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi ». Avec de tels titres, il était évident que je n’allais pas passer à côté. Quatrième de couverture lue en diagonale – à ce stade de titillage de ma curiosité il est difficile de me faire faire marche arrière – j’ai ajouté ces ouvrages à ma liste de BAL (bouquins à lire, je danse fort mal, ne rêvez pas). Et cet été, j’ai pu m’y plonger et découvrir le pourquoi de ces titres bien curieux.

L’histoire :

Ce roman se passe à Paris.
Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l’histoire d’un mensonge. Mais aussi une histoire d’amours, d’amitiés, de trahisons, d’argent, de rêves. Ce roman est plein de rires et de larmes. Ce roman, c’est la vie.

Paris, époque contemporaine. Joséphine est une quadragénaire qui vit de la façon la plus banale possible, en banlieue, avec son mari Antoine, et leurs deux filles, Hortense et Zoé. Joséphine est une belle personne : douce, généreuse, intelligente mais elle s’efface devant les autres depuis toujours, persuadée d’être une ratée, une incompétente. En revanche, sa sœur Iris a tout réussi : belle, sensuelle, riche, elle brille dans la haute bourgeoisie parisienne aux côtés de son époux Philippe, homme que toutes convoitent, et de leur fils Alexandre. Ils multiplient galas et cocktails mondains. Mais alors que la première sœur apprécie chaque petite chose de la vie modeste qu’elle mène, la seconde s’ennuie ferme et ne parvient pas à goûter au bonheur qui devrait être le sien. Les Yeux jaunes des crocodiles raconte les aventures de ces deux sœurs que tout sépare mais que l’amour rapproche, et aussi les aventures de leur famille et de leurs proches.

De beaux parcours de vie :

J’ai dévoré les trois tomes de cette histoire avec plaisir et un intérêt croissant au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture. Les personnages sont profondément attachants, hauts en couleur, avec des caractères et des histoires bien différentes les uns des autres. On suit l’évolution de chacun d’eux, leurs pensées, leur questionnement et la lecture des trois tomes permet de les voir grandir et parfois changer. On frôle le réalisme sans y tomber complètement car certaines situations, certaines anecdotes sont poussées à l’extrême, presque caricaturales. Mais on se laisse prendre au jeu tellement les aventures de cette famille sont poignantes et touchantes. Pour un roman de vie, le suspens demeure entier. Il se passe toujours quelque chose qui donne envie de connaître la suite, de savoir comment tout cela va bien pouvoir se termine – si jamais cela se termine un jour.

L’écriture de Katherine Pancol est largement abordable, avec un soupçon de poésie dans le choix des termes et des formulations, ce qui ne gâche rien au plaisir de la lecture. Les descriptions parfois trop longues dans les récits réalistes sont ici faites avec aisance et fluidité et permettent de bien s’imprégner de l’atmosphère du roman. Il est rare de se voir ménager des temps de pause tout au long de ces trois tomes, le rythme maintient le lecteur en haleine par l’enchaînement des événements, parfois anodins, jamais vraiment innocents.

Les premières lignes du roman :

Joséphine poussa un cri et lâcha l’éplucheur. Le couteau avait dérapé sur la pomme de terre et entaillé largement la peau à la naissance du poignet. Du sang, du sang partout. Elle regarda les veines bleues, l’estafilade rouge, le blanc de la cuvette de l’évier, l’égouttoir en plastique jaune où reposaient, blanches et luisantes, les pommes de terre épluchées. Les gouttes de sang tombaient une à une, éclaboussant le revêtement blanc. Elle appuya les mains de chaque côté de l’évier et se mit à pleurer.

Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait de trop bonnes raisons. Celle-là ferait l’affaire. Elle chercha des yeux un torchon, s’en empara et l’appliqua en garrot sur la blessure. Je vais devenir fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs, je vais me laisser mourir.

Et en plus :

Je sais bien que parmi vous se cachent des personnes qui ont l’objet livre en horreur, alors une nouvelle fois, j’ai pensé à vous. Les yeux jaunes des crocodiles est adapté en film par Cécile Telerman, avec un casting qui pourrait s’avérer intéressant : Julie Depardieu, Emmanuelle Béart et Patrick Bruel. Le tournage est encore en cours, le film est prévu pour avril 2014.

Laissez un commentaire

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.