Chapitre 2 : Timothée

Partie 2 : Le médecin.

Timothée n’avait pas tout à fait tort. Ce qu’il avait mal interprété, c’est que ce n’était pas lui qui avait ramené une partie de son cauchemar dans le monde réel, mais bien son cauchemar qui avait gardé une partie de lui dans son monde bien à lui. Mais comme il n’en avait absolument pas conscience, l’adolescent finit par s’endormir, malgré sa nervosité. Il était 4h12.

Le réveil sonna à 6h pétantes, comme tous les matins en semaine. Timothée suivait ses études dans un lycée professionnel et devait, pour s’y rendre, supporter une heure de trajet dans le car scolaire en compagnie d’une horde d’autres lycéens et collégiens qui se rendaient à la ville. Comme il l’avait prévu, le réveil le tira d’un sommeil de plomb, privé de rêves. Les paupières encore collantes, il s’extirpa de sous la couette. Il posa les deux pieds au sol en même temps, sa façon à lui de tenter de conjurer un éventuel réveil du pied gauche, ou même droit, on ne sait jamais. Il valait mieux éviter de provoquer le rouge. C’est alors qu’il se remémora sa nuit, ou plutôt que la sensation désagréable qu’il avait éprouvée se rappela à lui. Il grimaça et observa sa chambre. Elle n’avait changé en rien. Des murs verts, un placard, des affaires éparpillées pêle-mêle sur le sol, quelques boîtes de biscuits secs vides, son sac de cours qu’il n’avait même pas ouvert la veille. Le nœud de son estomac se resserra pourtant. Le cœur battant la chamade, il se leva et se dirigea à pas lents vers la porte. Peut-être s’ouvrirait-elle sur une créature venue d’un autre univers ? Peut-être s’ouvrirait-elle sur l’Enfer lui-même ? Sur un néant qui ne lui renverrait rien d’autre qu’un vide insondable dans lequel il tomberait pour jamais ? Il posa une main moite sur la poignée, conscient du ridicule de son attitude. Il l’abaissa et tira la porte d’un coup pour l’ouvrir en grand. Un cri strident le fit sursauter.

– Timothée ! Tu m’as fait une de ces peurs !

Sa fausse mère se tenait de l’autre côté de la porte, la main sur la poitrine, le cheveu en bataille. Timothée lâcha un soupir de soulagement, puis grommela une insulte en guise de réponse et de bonjour à la fois. Elle ne releva même pas. Il se faufila hors de sa chambre pour se diriger vers la cuisine où il engouffra son petit déjeuner. Il s’acquitta d’une toilette de chat puis retourna dans sa chambre pour s’emparer de ses affaires et quitter l’appartement sans un mot de plus pour ses occupants. La seule chose qui l’empêchait de fuguer, une nouvelle fois, était qu’il détestait les foyers encore plus que vivre en famille d’accueil. Au moins là, il mangeait bien.

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  1. Patrick Jane dit :

    Leurs seuls points communs c’est qu’ils ont à peu près le même âge et ont entendu ce bruit dans la nuit.
    De vieilles bâtisses, des plafonds craquelés.
    Quelque chose a changé dans leur monde ou en eux?
    Qu’est ce qu’Emily a à voir avec le rouge, elle n’est pas violente et ne s’emporte pas.
    Est ce qu’elle serait amoureuse?
    Je suis définitivement pas aussi bon que celui que je prétends être.

    Un seul bruit qui ressemble à un poc poc pendant la nuit et je ne dors plus jusqu’au petit matin, merci Musyne!

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