Chapitre 1 : Emily – Partie 2 : Le grenier.

En pleine nuit, Emily, une jeune adolescente de 15 ans, est attirée dans le grenier par un étrange bruit.

Il fallut un peu de temps à Emily pour habituer son regard aux ténèbres du grenier. Et même une fois ce laps de temps passé, elle se sentait mal à l’aise. Elle n’était plus dans le cocon familier de sa chambre, dont elle connaissait le moindre recoin. Elle se trouvait dans un lieu quasiment inconnu. Elle était certes déjà montée au grenier, mais c’était en plein jour, avec ses parents. Souvent, c’était pour monter des cartons d’objets que l’on reléguait à l’oubli, les « vieux » objets, dont sa mère voulait se débarrasser mais qu’elle conservait quand même, par nostalgie, au cas où. Le grenier était une sorte de tombe, finalement, où l’on entreposait les objets morts. Un jour, ils ressusciteraient peut-être, mais il était davantage probable qu’ils seraient oubliés bien avant. Et ce que l’on oubliait ne pouvait pas revenir à la vie, c’était évident.

Une vague de mélancolie serra le cœur de l’adolescente, alors qu’elle se remémorait les vieux jouets d’enfance qu’elle avait amenés en ces lieux, quelques années auparavant : ses poupées, ses Lego, ses maisons de Barbie avec leurs occupants, ses têtes à coiffer, ses accessoires de dînette, ses cubes de bébés, ses hochets, tout se trouvait là, soigneusement empaqueté. L’adolescente se surprit à chercher du regard les cartons qui recélaient les trésors de ses années d’innocence. Ils n’étaient pas visibles, peut-être cachés par d’autres cartons remplis d’objets morts, ou peut-être relégués tout au fond, là où l’obscurité était trop profonde pour qu’elle puisse la percer.

Le « poc poc » pocpoquait un peu plus fort, plus pressant. Il lui disait «Tu brûles ! », et Emily sentit la curiosité l’envahir. Elle avança, ses pieds chauds contre le sol froid. Elle laissait des empreintes dans la poussière, comme une piste pour la suivre dans le dédale des cartons. Son pyjama et son visage étaient des taches de lumière dans la noirceur. Elle se dirigeait vers le « poc poc », qui jouait à cache-cache avec elle. Elle se sentait troublée, nerveuse même. Malgré l’air frais, ses joues étaient chaudes, et elle était persuadée qu’elles étaient rosées, comme quand elle devait prendre la parole en public – devant la classe, c’était le pire. Ses jambes flageolaient un peu. Cet état à mi-chemin entre l’excitation et la peur lui rappela la fois où Pierre l’avait embrassée, sous l’abri de bus. C’était la veille des grandes vacances, et elle avait accepté de sortir avec lui. Elle savait que c’était ce qu’il devait arriver quand il avait proposé de l’accompagner à son arrêt. Durant tout le trajet, elle avait marché avec des papillons dans le ventre. Quand le moment était arrivé, son esprit avait clairement hésité entre deux options : fuir à toutes jambes ou explorer cette nouveauté. Elle avait opté pour la seconde option et ne l’avait pas regretté. Ce qu’elle ressentait, à avancer ainsi dans le grenier en silence, était du même acabit. Les papillons et tout le toutim.

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  1. Anastasia dit :

    De Saint-Pétersbourg jusque dans le Morbihan, les boîtes à musique usent de leur magie.

    J’espère simplement pour Emily que ce n’est pas de la magie noire, parce qu’une boîte qui pocpoque n’a rien de très attrayant.

    J’attends le moment où ton homonyme fictive va se réveiller d’un étrange cauchemar. Tire-la de ce mauvais pas Oohh maîtresse de sa destinée.

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