Chapitre 1 : Emily – Partie 1 : La chambre.

 Elle reprit sa progression, veillant à marcher sur les côtés du couloir, là où le bois, moins usé, ne protestait que peu sous son poids. Elle avait l’impression de faire un boucan de tous les diables malgré cela. Elle arriva devant la porte de ses parents, la referma précautionneusement. Le penne s’enclencha dans un « clac » presque retentissant. Emily attendit un peu avant de se remettre en mouvement, sans même oser respirer. Comme rien ne bougeait dans la chambre parentale, elle s’autorisa une brève inspiration et se remit à avancer. Son cœur battait un peu plus fort, « pom pom, pom pom », elle le sentait contre sa poitrine, tout palpitant. C’était excitant, de s’aventurer vers l’inconnu ainsi, sans un bruit, comme dans un jeu. Elle était arrivée au bout du couloir. Elle leva les yeux vers la trappe, simple carré de bois percé d’un anneau en métal qu’elle devait tirer pour ouvrir. La tige se trouvait dans le placard tout proche qu’elle ouvrit en prenant soin de ne pas faire couiner les rails coulissants. Emily saisit la tige et la dirigea vers l’anneau. L’objet, un peu lourd pour elle, était difficile à manipuler. Cela lui rappela les pêches aux canards de son enfance dans les fêtes foraines et les kermesses paroissiales. Elle s’y reprit à plusieurs fois avant que le crochet ne vienne s’emboîter dans l’anneau. C’était bon, on y était. Il fallait maintenant passer l’étape la plus délicate : l’ouverture de la trappe et la descente de l’échelle. Si elle se faisait prendre dans cette manœuvre, il serait difficile de trouver une excuse valable. La vérité serait probablement plus simple à avouer.

 Emily tira sur la tige. D’abord rien ne se passa. Elle força davantage et un « clong » résonna dans tous le couloir. La trappe venait de s’ouvrir. L’échelle était repliée à l’intérieur. Il fut plus aisé de l’attraper avec le crochet. Emily la fit descendre avec une lenteur excessive, centimètre par centimètre, s’arrêtant fréquemment pour écouter. Respiration régulière, « poc poc » régulier, rien de plus. Tout se passait bien. Les barreaux touchèrent le sol, il ne restait plus qu’à monter. Marche après marche, Emily grimpa, retenant son souffle, à la fois anxieuse et excitée. Lorsque son regard parvint au niveau du plancher du grenier, elle s’arrêta pour examiner la pièce. L’obscurité était bien plus profonde là que dans le couloir. Aucune fenêtre ne laissait passer la clarté de la lune. Mal isolé, le grenier vidait par la trappe un léger souffle frais qui fit frissonner l’adolescente. Elle distinguait quelques masses plus sombres : des cartons, des malles, des objets qu’elle n’identifia pas. Le « poc poc » sembla s’interrompre plus de trente secondes, comme si, surpris de la voir apparaître dans son domaine, il prenait le temps de l’observer. Emily gravit les dernières échelons et posa le pied sur le sol poussiéreux. Il lui sembla entrer dans un autre monde.

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  1. Luis dit :

    Hola guapita,
    et me voilà tout haletant, attendant la suite avec impatience !
    N’oublie pas que j’existe !
    Mille bisous, Luis.

  2. FRANCOISE dit :

    Toc, Toc, Toc, j’attends la suite impatiemment!

  3. Frank Abagnale dit :

    Eh Calliope, on a envie de te lire encore.
    Vite la suite !
    Tu as démuselé des souvenirs de quand j’étais enfant ; ces bruits étranges, ce grenier sombre, ses ombres et cette imagination débordante.
    J’étais tout de même pas aussi téméraire que cette fillette, à croire que les Emilie ont ça en elles.

    Je rajouterai le verbe toctoquer à mon vocabulaire.
    Continue, je ma muse et mes meus à chaque fois.

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